Vaucluse : La cerise du Ventoux vient de décrocher son label IGP

20 mars 2019 - 66 vues

LA CERISE DU VENTOUX DÉCROCHE SON LABEL I.G.P !

Vingt ans après le Muscat, six variétés de cerises viennent de décrocher la précieuse appellation.

Cela faisait environ une dizaine d'années que les membres du bureau de l'association de valorisation de la cerise des coteaux du Ventoux se battaient pour décrocher une IGP (Indication Géographique Protégée).

Depuis l'arrêté du 22 novembre 2018 du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, c'est chose faite concernant l'homologation du cahier des charges.

Désormais, le dossier est entre les mains de la commission européenne pour un enregistrement en tant qu'I.G.P. "Il ne s'agit plus que d'une formalité mais avant que la commission européenne entérine et officialise cette décision, cela peut prendre jusqu'à six mois", explique Louis Bonnet. "Ils vont simplement vérifier qu'aucune personne n'a déposé cette appellation avant nous... Notre marque "Cerise du Ventoux" existe depuis les années 1980."

Pour l'instant, au niveau européen, seules les variétés Vignola en Italie et Picota en Espagne se sont vues accorder l'appellation I.G.P.

Avec 10 à 15.000 tonnes par an, le Vaucluse est le premier producteur de France

Pour la Cerise des coteaux du Ventoux, ce sont six variétés qui vont entrer dans l'aire d'appellation. Les Burlat, Folder, Summit, Van, Géant d'Hedelfingen et Belge qui étalent la période de cueillette et de vente de début mai à mi-juillet. "Sur notre aire d'appellation qui se répand sur 86 des 151 communes vauclusiennes, une quinzaine de variétés de cerises est produite. Mais certaines ne concernent pas plus de 5% de la production et sont trop récentes, ce qui ne leur permet pas d'entrer dans le cahier des charges."

Pour l'instant, "seulement" 70 producteurs sur 220 hectares, pour une production de 600 tonnes par an, entrent dans l'aire d'appellation dite "à blanc" qui, depuis 5 ans, sert de "modèle" pour mener le dossier dont le cahier des charges n'a cessé d'évoluer. "Avec 15.000 tonnes par an, le Vaucluse est le premier département producteur de France" explique le président de l'association de valorisation, Jean-Christophe Neyron. "J'espère qu'avec cette IGP, les agriculteurs qui sont dans le doute après deux années difficiles, vont se remotiver. Il va de toute manière y avoir un changement de paysage. Les tout petits producteurrs ou ceux qui ont des vergers trop vieux vont arrêter ou passer la main. J'espère que ceux qui vont rester seront remobilisés."

Même s'il sera demandé à tout arboriculteur souhaitant bénéficier de l'IGP cerise du Ventoux de respecter un cahier des charges, l'aspect financier devrait servir de motivation. "Le muscat du Ventoux, IGP depuis 1998 se replante contrairement aux autres variétés de raisin", précise Louis Bonnet, "Il se vend 50 centimes de plus en moyenne, que l'extra... Pour la cerise, il va y avoir une valorisation. Il faudra respecter des analyses de sol avant plantation" poursuit Jean-Christophe Neyron. "Respecter un mode de taille spécifique afin d'obtenir un calibre minimum de 24 millimètres, ramasser les fruits à maturité optimale en respectant un code couleur, posséder une calibrette pour écarter les fruits trop petits... Chaque année, des contrôles internes seront faits sur 100% de l'appellation et des contrôles nationaux sur 20%".

La marque Cerise des monts de Venasque (120 producteurs sur 21 communes), créée en 1978, possède aussi une belle notoriété et un efficace dynamisme. Mais il s'agit d'une marque et non d'une I.G.P. 

Confrères ou concurrents ? Rien n'empêchera des producteurs de cerises de Venasque de passer en IGP Ventoux. Il suffira qu'ils cotisent à l'organisme de gestion. Mais ont en t-ils envie ? Ce qui est certain, sur les plateaux de cerises, il ne pourra pas y avoir à la fois le nom de la marque Venasque et celui d'IGP Ventoux. 

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article